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     Enquêtes et Etudes
 a mise en oeuvre du programme Nouveaux Services /Emplois Jeunes en région Ile-de-France
Bilan au 31 décembre 1998 (Hors champ Education Nationale et Ministère de l'Intérieur)

Marielle Guezou, Direction Régionale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle d'Ile-de-France-Service Appui, Méthodes, Etudes et Statistiques (A.M.E.S), décembre 1998, 3 p.

Depuis le lancement du dispositif Nouveaux services / Emplois Jeunes en octobre 1997, 3 897 projets de création de services non satisfaits ont été déposés dans les DDTEFP de la région Ile-de-France. Le nombre de postes prévus dans ces projets s'élève à 15 941.
Par rapport aux données nationales, la région représente 8,9% des projets déposés, mais 16,7% des postes, ce qui signifie que les projets franciliens sont ambitieux en termes de créations d'emplois.
Au niveau des départements, Paris draine plus d'un quart des projets (27,6%) et près de 3 postes sur 10 (29,5%).
Le graphique ci-dessous présente les flux de dossiers déposés. On peut constater que hormis le mois de mai et la période estivale, la montée en charge du dispositif a été régulière, et plus de 250 projets sont dépossés chaque mois.

Au 31 décembre, 8 109 jeunes ont été embauchés par les associations, collectivités locales et établissements publics d'Ile-de-France, soit 14,4% des embauches réalisées au niveau national.

 Les associations prennent le pas sur les communes

Depuis la création du dispositif, l'Ile-de-France se distinguait des résultats nationaux par une très large prédominance des employeurs à statut public (collectivités locales, établissements publics) dans les embauches, entraînant de ce fait, une faible représentation des associations.
Toutefois, celles-ci comblent progressivement leur retard et sont aujourd'hui davantage représentées que les communes (respectivement 37,9% et 33,0% des embauches).
La place des associations dans le dispositif tend à se rappocher de la moyenne nationale (41,2%) et est élevé à Paris (58,5% des embauches) et dans les Hauts de Seine (49,1%).
Plus d'un jeune sur cinq (21%) travaille dans un établissement public, contre 14,8% en France Métropolitaine. Il est probable que les établissements publics resteront fortement représentés dans le dispositif régional, en raison notamment de besoins importants en accompagnement et en médiation dans les transports publics parisiens.


 Quatre secteurs d'activité prédominent

Depuis les premiers mois de lancement du dispositif, les projets franciliens sont concentrés sur les champs d'activité correspondant aux besoins les plus prégnants d'une région fortement urbanisée:

  1. Famille, Santé, Solidarité : 15,7% des embauches,
  2. Logement et Vie de Quartier: 11,4%,
  3. Environnement : 10,8%,
  4. Transport : 9,7%.

Avec 787 embauches en région Ile-de-France, le secteur du transport apparaît beaucoup plus développé en Ile-de-France que dans les autres régions de la métropole. Ainsi, la région représente 39,4% des embauches réalisées sur le territoire de l'hexagone dans le secteur.
Les jeunes embauchés dans ce secteur sont, dans 6 cas sur 10, de faible niveau de formation (57,3% ont au plus un CAP ou un BEP), tandis que les métiers relevant des autres secteurs prédominants ont nécéssité le recrutement de jeunes de niveaux plus élevés. Ainsi, dans le secteur de la Famille, Santé, Solidarité, près de 20% des jeunes ont un niveau I ou II.



 Les critères de recrutement diffèrent selon le statut de l'employeur

Le dispositif Nouveaux services/Emplois jeunes est la première mesure depuis la création des plans d'Action Jeunes au début des années 80 à ouvrir son champ aux personnes âgées de 26 à 30 ans. Cette ouverture a permis l'embauche de 1 282 jeunes de cette classe d'âge, soit 15,8% des bénéficaires du dispositif en région.

 Les communes emploient plutôt des hommes, tandis que les établissements publics emploient une majorité de jeunes femmes

Au niveau national, tout comme au niveau régional, les jeunes embauchés sont en majorité des hommes (52,3%). Seul Paris se distingue puisque les bénéficiaires sont principalement des jeunes femmes (55,2%).
Il apparaît que les catégories d'employeurs, associations, collectivités locales et établissements publics ont recruté une majorité de femmes (61,7%). Dans les associations, la parité est respectée, la part des hommes et des femmes est presque identique.
 
 Les jeunes bénéficiaires du dispositif en Ile-de-France sont davantage de faible niveau de formation qu'en moyenne nationale

En Ile de France, 36,1% des jeunes embauchés ont un niveau de formation au plus équivalent au CAP ou au BEP, contre 27,5% au niveau de l'hexagone.
La part des titulaires du Baccalauréat (niveau IV ) en région est supérieure à la moyenne nationale (respectivement 35,7% et 33,5%), tandis que les jeunes de niveau III et plus représentent 28,2% des bénéficaires contre 39,1% au niveau national. Ce décalage tient pour une large part aux contrastes entre la région et la France en terme de statut des employeurs.
En effet, ce sont les communes, moins représentées au niveau national, qui emploient une forte proportion de jeunes peu qualifiés, de niveaux V et VI ( 48,9% de leurs embauches ).
Les associations ont quant à elles recruté des jeunes davantage diplômés puisque 38,7% ont au moins un niveau III ( BAC+2 ), mais dans une proportion moins élevée qu'au niveau de la France Métropolitaine ( 44,9%).
Ce sont dans les départements de Seine-Saint-Denis, du Val de Marne et du Val d'Oise que la proportion de jeunes de faible niveau de formation est la plus élevée et supérieure à 40%.

 Un effet de substitution dans une embauche sur cinq

La grande majorité des jeunes étaient à la recherche d'un emploi lors de leur embauche, tant au niveau régional ( 70,3%) que national.
Dans plus d'un cas sur cinq, le jeune était déjà salarié, dont plus de la moitié chez le même employeur.
L'effet de substitution d'un contrat aidé vers un autre, prévu expressément par la loi, concerne principalement les jeunes en emploi-ville ou en CES. C'est au niveau des communes que l'effet de substitution est le plus élevé (24,3% des embauches ).

 Dans plus d'un cas sur deux, le jeune bénéficie d'un salaire équivalent au SMIC

Les jeunes embauchés sont rémunérés dans 51% des cas au SMIC. Les niveaux de rémunération présentent des contrastes selon le département et le statut de l'employeur.
Ainsi, à Paris, le niveau de salaire est sensiblement plus élevé, puisque la part de jeunes rémunérés au SMIC est inférieure à 40%.
Les niveaux de rémunération les plus faibles se retrouvent parmi les jeunes travaillant dans une commune. En effet, dans 67,9% des cas, les communes paient les jeunes au SMIC, tandis que les établissements publics proposent dans 72,1% des cas un salaire supérieur au SMIC.
Parmi les jeunes touchant un salaire supérieur à 1,2 SMIC, 72,6% sont employés par une association.

 L'emploi occupé par le jeune

La codification des emplois occupés par les jeunes apparaît relativement délicate puisque 25,5% des emplois occupés sont codifiés dans la rubrique ''autre'', qui regroupe notamment des projets multi-secteurs.
Si on rassemble les métiers par groupe, les métiers d'animation et de médiation concentrent plus du quart des embauches réalisées.
Au niveau départemental, certains groupes de métiers sont plus ou moins représentés. Ainsi, dans le Val d'Oise, 23,3% des jeunes ont un emploi dans les métiers relatifs à l'environnement ou au patrimoine, et 28,8% sont dans l'animation.
Les métiers de l'animation sont porteurs de nouveaux services dans les Hauts de Seine ( 37,6% ), les Yvelines (37,2%) et la Seine et Marne (31,1% ).

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