Entre :
- l'Etat représenté par Elisabeth Guigou, Ministre de
l'emploi et de la solidarité,
Laurent Fabius, Ministre de l'économie, des finances, et de l'industrie
- et la CDC représentée par Daniel Lebègue son
Directeur général.
Il a été convenu ce qui suit :
PREAMBULE
Le Parlement a sur proposition du gouvernement voté la loi du
16 octobre 1997 qui faisait le choix de promouvoir le développement
d'activités créatrices d'emplois pour les jeunes répondant
à des besoins émergents ou non satisfaits et présentant
un caractère d'utilité sociale.
Depuis cette date, plus de 340 000 jeunes, dont les ¾ étaient
sans emploi ont été embauchés, et de nombreuses
activités créées dans les domaines de la culture,
du sport, de l'environnement, du patrimoine, du social et du médico-social,
de l'aide aux personnes. De juin 1997 à août 2001, la baisse
du volume du chômage des jeunes a été de 40 %, le
nombre de jeunes chômeurs de longue durée a diminué
de moitié.
Le programme NSEJ a ainsi largement participé à une confiance
retrouvée de nos concitoyens en l'avenir, il apporte, souvent
aux plus fragiles d'entre eux, des services que le marché ne
crée pas spontanément. Le plan gouvernemental annoncé
le 6 juin 2001 vise à consolider les activités et les
emplois créés en vue de leur permettre d'atteindre leur
équilibre économique et social.
La poursuite et l'approfondissement de ce programme répond aux
objectifs de favoriser une croissance plus riche en emplois, de permettre
le développement de nouvelles formes d'activités économiques,
plus solidaires.
À la demande de l'Etat, la CDC s'est engagée, par un accord-cadre
conclu le 2 décembre 1997, dans le soutien au développement
de nouveaux services à vocation marchande ou semi-marchande.
Cet accord-cadre est arrivé à échéance.
L'Etat en demande le renouvellement et l'amplification à la CDC,
qui accepte la mission d'intérêt général
qui lui est ainsi confiée pour participer à l'accompagnement
des activités dans la phase qui s'ouvre. A cette fin, la CDC
se mobilise, en lien avec les services de l'Etat, pour répondre
aux besoins qu'elle contribue à identifier des activités
créées par le programme NSEJ.
Titre I – Objectifs
Article 1er – Cible
La cible de cet accord-cadre porte, prioritairement, sur les services
qui trouveront leur consolidation par un passage au secteur marchand
ou par une mixité durable de recettes marchandes – payées
par le client final – et de ressources publiques et qui, à ce
titre, bénéficieront de la mesure « épargne
consolidée».
Selon les estimations du ministère de l'emploi et de la solidarité,
environ un tiers des associations bénéficiaires du programme
NSEJ est concernée.
Les associations créant, grâce à la poursuite du
programme, de nouveaux services répondant à ces mêmes
problématiques de pérennisation sont éligibles
aux dispositifs prévus par le présent accord-cadre.
Article 2 – Objectifs
L'Etat demande à la Caisse des dépôts d'être
l'opérateur majeur de la consolidation économique des
services visés à l'article 1.
Cet objectif général se décompose en objectifs
opérationnels.
Il est demandé à la Caisse des dépôts de
:
- construire et de diffuser une culture de gestion économique
adaptée aux projets associatifs,
- mobiliser et qualifier les acteurs locaux, économiques et financiers
pouvant contribuer à la consolidation de ces services ;
- concevoir, diffuser et tester une méthodologie d'accompagnement
des projets associatifs,
- soutenir un nombre significatif de projets grâce à un
accompagnement et des financements adaptés.
Titre II – Modalités d'action
Trois axes structureront l'intervention de la Caisse des dépôts
:
- une approche territoriale,
- une approche par filières,
- des mesures d'accompagnement et d'évaluation.
Section I – Une approche territoriale
A travers cette approche, la Caisse des dépôts et consignations
cherchera à offrir des services, des outils, des méthodes
contribuant progressivement à la couverture la plus large possible
du territoire national.
Cette approche, prioritaire pour l'Etat et la CDC, se décompose
en 4 volets complémentaires, visés aux articles 3 à
6 suivants.
Article 3 – Une méthodologie de diagnostic territorial
L'Etat réalise, en s'appuyant sur le service public de l'emploi,
des diagnostics sur l'ensemble du territoire national.
Il bénéficiera de l'expertise de la Caisse des dépôts
et lui demande de mettre au point et de diffuser une méthodologie
de diagnostic territorial approfondi en direction des services déconcentrés
du Ministère de l'emploi et de la solidarité.
La CDC pilotera la réalisation d'un nombre important de diagnostics
co-financés en priorité avec les collectivités
locales du territoire ou à titre complémentaire avec l'Etat
chaque fois que nécessaires.
Le choix des territoires retenus répondra aux priorités
de la CDC (intercommunalité, zones de revitalisation rurale,
zones urbaines en difficultés, etc.), compte tenu des besoins
des territoires exprimés par les collectivités locales.
La liste des territoires est arrêtée dans le cadre du comité
de pilotage régional (cf. article 14).
À titre indicatif, le nombre de diagnostics pouvant être
réalisé pourrait s'établir à environ 150.
La CDC s'attachera à capitaliser l'expérience ainsi acquise
et veillera à sa valorisation, en lien avec la délégation
à l'aménagement du territoire et à l'action régionale.
Article 4 – Des dispositifs locaux d'accompagnement (D.L.A.)
La consolidation des activités associatives passe par un accompagnement
de proximité.
La CDC mettra au point un cahier des charges pour la sélection
des organismes ou structures ayant en charge la mise en oeuvre de dispositifs
locaux d'accompagnement (infra départementaux ou départementaux).
La CDC favorisera la mise en place de tels dispositifs locaux.
Ainsi, le cahier des charges sera diffusé, avec l'aide de la
DGEFP, aux services déconcentrés du ministère de
l'emploi et de la solidarité. La Caisse des dépôts
proposera, au fur et à mesure de leur développement, des
outils méthodologiques d'accompagnement qui seront progressivement
enrichis et diffusés.
La CDC interviendra directement sur un certain nombre de territoires
qu'elle considère comme stratégiques en concertation avec
les services de l'Etat et les collectivités locales. Elle s'inspirera,
pour leur choix, des résultats des diagnostics territoriaux mentionnés
à l'article 4.
La CDC mobilisera également les clubs d'entreprise et leurs réseaux
en appui de ces dispositifs et des associations cibles de cet accord
cadre .
Ces dispositifs s'appuieront sur une structure locale ayant pour objet
social l'accompagnement de projets économiques, disposant d'un
savoir-faire démontré et capable de mobiliser des compétences
d'ingénierie. Ces dispositifs locaux d'accompagnement bénéficieront
de crédits d'ingénierie de la CDC, des collectivités
locales, d'autres acteurs économiques. Ils se doteront d'un comité
d'instruction ouvert aux financeurs et à d'autres opérateurs
compétents.
Ces dispositifs bénéficieront des crédits d'ingénierie
de l'Etat qui se dote de son côté dans chaque département,
d'un comité technique autour du Directeur départemental
du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle ; ce comité
est composé d'acteurs techniques et rendra les décisions
permettant de débloquer les crédits de l'Etat.
À titre indicatif, le nombre de dispositifs locaux pouvant être
mis en place, par la CDC, sur la durée de la convention pourrait
être d'environ une centaine.
Article 5 – Des centres régionaux de ressources et d'animation
(C.2R.A.)
Le niveau régional est pertinent pour l'animation de ce programme.
Les directions régionales de la CDC, en lien avec les services
déconcentrés de l'Etat et, si possible, les conseils régionaux
confieront à des structures déjà existantes – sauf
exception – des fonctions de capitalisation d'expériences, d'animation,
de mise en réseau et de qualification des opérateurs locaux.
Ces structures sont ici dénommées « Centres régionaux
de ressources et d'animation ».
La CDC mettra à leur disposition des outils : modules de qualification,
fichiers d'experts et d'expertises, bonnes pratiques, transferts de
savoir-faire, site internet,… renforçant leurs compétences
et capacités d'action au service de l'ensemble des acteurs locaux.
Elle veillera à leur bonne articulation avec l'ensemble des opérateurs
locaux et à la diffusion des outils et méthodes qu'elle
aura mis à disposition.
Compte tenu de leur rôle charnière, la CDC supervisera
la qualité de leurs prestations et les mettra en réseau.
Ces structures régionales prendront une part active à
l'évaluation de cet accord cadre.
Article 6 – Le financement des projets
Un certain nombre de projets auront besoin pour leur développement,
de financements de type garantie d'emprunt, quasi fonds propres, ...
S'appuyant sur l'ensemble des réseaux d'aide à la création
d'activités économiques, la CDC en favorisera la mobilisation
au profit des services du programme NSEJ.
Dans le prolongement de l'appui que lui apporte le ministère
de l'emploi et de la solidarité, la CDC passera une convention
avec le réseau France active. Cette convention, qui constitue
une déclinaison du présent accord-cadre, précisera
les objectifs recherchés et les moyens mis à disposition
de France active (développement de sa capacité d'expertise
financière, dotation pour quasi-fonds propres et garanties d'emprunt).
La mobilisation des collectivités locales sera recherchée.
France active mobilisera, pour ce faire, ses fonds territoriaux. Le
choix en sera fait conjointement par le Ministère de l'emploi,
la CDC, France active et les collectivités locales concernées.
Dans ce cadre, la CDC et l'Etat demandent à France active d'étendre
progressivement, à l'ensemble de son réseau, ses activités
au profit des associations cibles de cet accord cadre et dont la viabilité
économique est avérée.
Parallèlement, la CDC cherchera à mobiliser, en étroite
collaboration avec les services du ministère de l'emploi et de
la solidarité (Délégation générale
à l'emploi et à la formation professionnelle et services
déconcentrés), les réseaux d'aide à la création
d'entreprise. Ces réseaux seront mobilisés en faveur des
jeunes créant leur propre activité grâce au programme.
Ils le seront également au profit des associations développant
des services générant des recettes marchandes.
Des avenants, s'intégrant dans les conventions que la CDC passe
avec chacun d'eux, pourront être signés. Ils devront comporter
des engagements précis et chercher à offrir une couverture
nationale du territoire.
La fédération FORCE (Fédération des ORganismes
contribuant à la Création des Entreprises et à
leur reprise) sera saisie de cette question afin que soit progressivement
offerte, à l'ensemble des services associatifs, la même
qualité de conseil et d'appui.
Section 2 – La consolidation de filières d'activité
Article 7 – Des filières pertinentes économiquement
Les nouveaux services créés couvrent des champs très
variés et des activités très diversifiées.
Des filières se forment, peu à peu, ayant une pertinence
économique : transport et services aux personnes âgées,
culture et tourisme associatif, diverses disciplines sportives, nouvelles
technologies de l'information et de la communication, environnement
par exemple.
La CDC, en lien avec les services du ministère de l'emploi et,
par son intermédiaire, les ministères techniques concernés,
favorisera la création de ces filières professionnelles
: modélisation économique, diffusion de bonnes pratiques,
transferts de savoir-faire.
Elle recherchera la mobilisation des entreprises ou autres acteurs intéressés
à leur développement.
À titre indicatif, une dizaine d'actions de ce type pourrait
être conduite chaque année.
Dans ce cadre, la CDC portera son attention notamment sur les transports
et les nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Section 3 – Des mesures d'accompagnement
Le bon déroulement de cet accord cadre implique que des actions
de recherche-développement, d'animation, de capitalisation, de
diffusion et d'évaluation soient conduites.
La CDC se dotera, pour répondre à ces enjeux, d'une organisation
renforcée. Elle souhaite, également, mobiliser dans un
cadre adéquat d'autres partenaires intéressés au
développement de ce nouveau secteur d'activités économiques.
Article 8 – Association pour l'initiative socio-économique
La CDC confiera une part de la réalisation de ces mesures à
ALISE.
L'association pour l'initiative socio-économique est un outil
de rassemblement de partenaires économiques, principalement de
l'économie sociale, engagés dans la consolidation des
services.
Elle deviendra un pôle de compétence et d'animation en
appui des acteurs locaux.
Article 9 – Recherche-développement
Le programme Nouveaux-services emplois jeunes fait naître des
questions transversales. C'est le cas de la mesure de l'utilité
sociale pour laquelle un travail spécifique sera engagé,
mais également de la taille critique des services, de la mutualisation
de l'activité et de l'emploi.
La CDC, en partenariat avec l'Etat et d'autres partenaires, conduira
des actions de recherche-développement dont les résultats
(outils, méthodes, synthèses d'études, etc.) seront
largement diffusés.
À titre indicatif, 3 à 5 thèmes pourraient être
lancés chaque année en collaboration avec le Ministère
de l'emploi et de la solidarité qui contribuera à la mobilisation
des partenaires idoines.
Article 10 – Site Internet
La CDC a, d'ores et déjà, mis en place un site Internet
expérimental dédié à la consolidation des
activités de services à caractère marchand ou semi-marchand.
Ce site sera un vecteur de communication, de mise en réseau,
de qualification et d'animation de cet accord cadre. L'ensemble des
travaux, études, méthodes élaborés par la
CDC et ses partenaires sera mis en ligne sous des formes adaptées.
Par ailleurs, la CDC veillera à une bonne articulation de ce
site et de celui du ministère de l'emploi.
Elle s'attachera également, à en favoriser, auprès
des sites régionaux, des déclinaisons régionales.
Enfin, elle cherchera à équilibrer les charges générées
par ce site.
Article 11 – Qualification et communication
Des séminaires de travail, des actions de qualification de l'ensemble
des opérateurs mobilisés par les différents axes
de cet accord cadre, des colloques, la participation à des publications
régulières ou ponctuelles seront co-financées par
la CDC, l'Etat, et leurs partenaires, collectivités locales,
partenaires économiques.
Article 12 – Evaluation
L'importance de cet accord cadre implique que soit mise en place une
évaluation, conçue ex ante, intégrant des critères
et des indicateurs d'impact.
Cette évaluation comportera des déclinaisons régionales.
Elle contribuera au pilotage de l'accord cadre et le comité de
pilotage sera régulièrement informé des travaux
conduits.
Titre III – Modalités de mise en oeuvre
Article 13 – Un comité de pilotage national
La Caisse des dépôts et la Délégation générale
à l'emploi et à la formation professionnelle mettent en
place un comité de pilotage national.
Ce comité est présidé par la déléguée
générale à l'emploi ou son représentant.
La CDC en assure le secrétariat.
Il est composé de représentants des deux signataires et
de personnalités qualifiées, représentant – ou
non – de personnes morales, choisies par les deux parties.
Son rôle est de :
- garantir le bon déroulement de l'accord-cadre,
- valider les programmes de travail annuels,
- s'assurer de la mise en oeuvre de ces programmes, tant au niveau national
que régional,
- contribuer à la mobilisation d'autres partenaires,
- traiter de toute difficulté nécessitant son intervention,
- piloter l'évaluation et décider des réorientations,
le cas échéant.
Il se réunit trois par an au moins.
Article 14 – Un comité de pilotage régional
Dans chaque région, les directions régionales de la Caisse
des dépôts et de l'emploi et de la formation professionnelle
installent un comité de pilotage régional dont elles assurent
la co-présidence.
Le secrétariat en est assuré par la DR CDC. Les DDTEFP
en sont membres.
La participation du conseil régional est systématiquement
recherchée, ainsi que celle des principales collectivités
locales. D'autres acteurs intéressés (réseaux associatifs,
acteurs économiques ou financiers) peuvent être associés.
Ce comité régional qui se réunit, une fois par
trimestre, a pour mission :
- d'établir le programme régional d'action,
- veiller à son bon déroulement,
- traiter de difficultés et, le cas échéant, en
demander l'arbitrage au niveau du comité de pilotage national,
si nécessaire,
- mobiliser d'autres partenaires, notamment économiques,
- s'assurer du reporting et de l'évaluation de l'action régionale
auprès du comité national de pilotage.
Ce comité organise un comité technique chargé des
relations plus courantes.
Article 15– Apports de la CDC
La CDC mobilisera, sur 3 ans, la somme maximale de 43,183 M€ ;
Ce montant fait l'objet d'une répartition indicative détaillée
en annexe 1 qui en précise la ventilation par nature d'action
et par année.
Article 16 – Une programmation annuelle
Le comité de pilotage arrête, chaque année, le programme
d'action et les engagements financiers qui lui sont liés.
Ce programme fait l'objet d'un avenant annuel au présent accord-cadre.
Article 17– Recherche de co-financements
La Caisse des dépôts recherchera, pour l'ensemble des différentes
actions de ce programme, des co-financements, tant au niveau national
que territorial.
Ces co-financements seront recherchés auprès des collectivités
locales, bénéficiaires des actions de la CDC et des acteurs
économiques et financiers. De son côté, l'Etat s'engage
à participer au financement de certaines actions menées
conjointement avec la CDC. Ces actions et la participation de l'Etat
sont précisées par les avenants annuels arrêtés
par le comité de pilotage (article 15).
La participation de l'Etat sera visée par le contrôleur
financier.
Fait à Paris, le 20 novembre 2001