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Accord-Cadre du 27 juillet 2000 entre
le Min. de l'Education Nationale, de la recherche et de la technologie
et le Min. de l'Intérieur
( Bulletin Officiel spécial de l'Education Nationale n°5
du 15 mars 2001)
UNE CONVENTION
a été signée
entre
Le ministre de l'éducation nationale
Monsieur Jack LANG
et
Le ministre de l'intérieur
Monsieur Jean-Pierre CHEVÈNEMENT
Vu :
- la loi relative au développement d'activités pour l'emploi
des jeunes n° 97-540 du 16 octobre 1997 ;
- la loi d'orientation et de programmation relative à la sécurité
n° 95-73 du 21 janvier 1995 ;
- la loi d'orientation sur l'éducation
n° 89-486 du 10 juillet 1989
il est convenu ce qui suit :
EXPOSÉ DES MOTIFS
L'emploi des jeunes constitue une préoccupation majeure du Gouvernement.
Le ministère de l'éducation nationale prend une part prépondérante
dans le programme "nouveaux services emplois jeunes" ayant fait l'objet
de la décision législative visée en référence.
Il met ainsi en place une nouvelle politique active de professionnalisation
de jeunes pour qui la sortie du système éducatif ne s'est
pas immédiatement traduite par une insertion dans la vie professionnelle
sur un emploi durable.
Au sein du système éducatif, ces jeunes permettent de satisfaire
de nouvelles attentes en matière d'accompagnement scolaire des élèves
et facilitent la prise en charge d'activités d'enseignement à
vocation technologique, sportive et culturelle insuffisamment offertes aux
enfants.
Ils favorisent en outre la relation des lycées professionnels avec
les entreprises et participent à la lutte contre la violence dans
les collèges et lycées situés en zones sensibles. Installés
dans les établissements scolaires dans des missions "d'aides éducateurs",
ils sont toutefois appelés à mettre à profit leur passage
dans le programme pour acquérir de nouvelles compétences leur
permettant d'accroître leur qualification en vue d'une intégration
professionnelle définitive.
Pour sa part, la police nationale va proposer dans les cinq années
à venir, pour compenser une vague massive de départs en retraite,
25 000 emplois de fonctionnaires titulaires - gardiens de la paix, sous
lieutenants et commissaires de police - accessibles par concours de recrutement.
À cette occasion, le ministère de l'intérieur estime
nécessaire de recruter des policiers qui soient réellement
représentatifs de la diversité de la société
française.
Il considère que les aides éducateurs, à travers leur
vécu personnel et leur expérience professionnelle acquise
au contact des jeunes dans les établissements d'enseignement, notamment
dans les zones urbaines sensibles, sont porteurs de compétences fondées
sur des valeurs de la citoyenneté, associées à une
sensibilité sociologique aux problèmes de la jeunesse, susceptibles
d'être très utiles notamment dans les fonctions de gardiens
de la paix.
Les parties signataires de la présente convention prennent ainsi
acte de l'intérêt d'une démarche commune visant à
favoriser le passage de l'emploi d'aide éducateur du ministère
de l'éducation nationale vers les différents emplois de la
police nationale.
Article I - Objet de la convention
Le ministère de l'intérieur et le ministère de l'éducation
nationale décident de promouvoir le recrutement d'aides éducateurs
issus en priorité des zones urbaines sensibles dans les corps de
fonctionnaires titulaires de la police nationale.
Article II - Engagement du ministère de l'éducation
nationale
Le ministère de l'éducation nationale s'engage :
2.1 à nommer un chef de projet national chargé de mettre en
uvre cette opération en liaison avec les services compétents
de la direction générale de la police nationale ;
2.2 à désigner dans chaque rectorat un correspondant académique
qui aura pour mission de faciliter l'ensemble des démarches relatives
à :
- l'organisation générale des opérations ;
- la diffusion des informations en direction des chefs d'établissement
et des directeurs d'école employeurs d'aides éducateurs ;
- la sensibilisation, la validation des projets et la formation des aides
éducateurs concernés par le dispositif ;
2.3 à offrir l'accès à 8000 aides éducateurs,
après validation de leur projet, aux actions de formation préparatoires
aux concours de la police nationale organisées conformément
aux dispositions visées par les troisième et quatrième
alinéas de l'article 3 de la présente convention.
Article III - Engagement du ministère de l'Intérieur
Afin de faciliter ces recrutements, le ministère de l'intérieur
impliquera les services compétents de la police nationale selon quatre
modalités complémentaires :
3.1 les chargés de recrutement des délégations régionales
au recrutement et à la formation assureront l'animation de séances
d'information organisées au profit des aides éducateurs conjointement
avec les correspondants académiques mentionnés ci-dessus ;
3.2 les écoles nationales de police et les centres de formation de
la police nationale apporteront leur concours à cette opération
en organisant, en liaison avec les délégations régionales
au recrutement et à la formation, des journées de sensibilisation
des aides éducateurs visant à la vérification de leur
projet professionnel sous forme de rencontres et d'échanges avec
des fonctionnaires de police titulaires et des élèves gardiens
;
3.3 le centre de préparation aux concours et examens de l'institut
national de formation de la police nationale mettra à la disposition
des correspondants académiques, par l'intermédiaire des délégations
régionales au recrutement et à la formation, les supports
pédagogiques nécessaires à la préparation des
épreuves d'admissibilité aux concours ;
3.4 les délégations régionales au recrutement et à
la formation de la police nationale pourront également apporter leur
concours à la préparation des aides éducateurs aux
épreuves d'admission (entretiens avec le jury et épreuves
sportives).
Article IV - Condition de réalisation
Les aides éducateurs affectés dans les établissements
d'enseignement appartenant aux "zones urbaines sensibles (ZUS)", pourront
prioritairement s'engager dans le dispositif de recrutement en quatre étapes
prévu à leur intention en se réservant la possibilité
d'interrompre leur démarche à l'issue de chacune d'entre elles.
4.1 Participation à une rencontre départementale de première
information collective dans un établissement d'enseignement et inscription
éventuelle pour la phase suivante pour les aides éducateurs
remplissant les conditions générales de recrutement (critères
physiques et de moralité) ;
4.2 Participation à une demi journée de rencontre avec la
police nationale au sein d'une école ou d'un centre de formation
de la police - échanges avec des fonctionnaires de police et des
élèves gardiens de la paix ; validation du projet des jeunes
volontaires et remise des dossiers d'inscription aux concours ;
4.3 Inscription dans le dispositif de préparation aux concours visé
par les troisième et quatrième alinéas de l'article
3 de la présente convention ;
4.4 Présentation aux épreuves du concours (tests psycho techniques,
épreuves d'admissibilité et d'admission) sachant qu'en cas
d'échec aux concours de gardiens de la paix il est possible de se
représenter sans limitation du nombre de candidatures successives,
alors qu'à l'inverse, s'agissant des concours d'officiers et de commissaires,
le nombre de candidatures est limité à trois.
Article V - Suivi et évaluation du dispositif
Le ministère de l'intérieur et le ministère de l'éducation
nationale constitueront un comité de suivi composé à
parité égale de 6 membres choisis en fonction de leur compétence
en matière d'insertion professionnelle de jeunes issus de zones urbaines
sensibles. Ce comité sera chargé :
- de veiller au plan national à la bonne exécution de la présente
convention ;
- de faire des propositions en vue de l'adaptation ou de l'amélioration
du dispositif ;
- et de rendre un rapport annuel d'exécution de la présente
convention aux ministres signataires.
Article VI - Durée de la convention
Le présent engagement est conclu pour une période de trois
années.
Fait à Paris, le 27 juillet 2000
Le ministre de l'éducation nationale
Jack LANG
Le ministre de l'intérieur
Jean-Pierre CHEVÈNEMENT
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