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Note d'orientation DGEFP du 9 juillet 1998 relative au programme "nouveaux services-nouveaux emplois" et au passage à l'EURO

 

La Ministre de l'emploi et de la solidarité
à
Madame et Messieurs les Préfets de Région
(Messieurs les Directeurs régionaux du travail de l'emploi et de la formation professionnelle)

Mesdames et Messieurs les Préfets de Département
(Mesdames et Messieurs les Directeurs départementaux du travail de l'emploi et de la formation professionnelle)



Le programme «nouveaux services-nouveaux emplois», permet la mise en place d'activités tendant à satisfaire des besoins nouveaux non satisfaits, souvent induits par l'évolution de notre société. A l'évidence, le passage à l'Euro fait naître des besoins de cette nature. Il implique en effet des changements importants dans l'économie comme dans la vie quotidienne de nos concitoyens. Ainsi, les très petites entreprises d'une part, les personnes en difficultés d'autre part, doivent être aidées pour aborder le passage à la monnaie unique.

En effet, les très petites entreprises devront, dans un délai rapproché, adapter leur comptabilité, leur gestion, leur informatique, leurs documents commerciaux; elles devront modifier leur démarche vis à vis du client et envisager de s'insérer dans un marché beaucoup plus vaste.
Par ailleurs, en ce qui les concerne, les personnes en difficultés sociale devront changer leurs habitudes, leurs références, et seront donc concernées par le passage à l'Euro, de façon très diverse et avec des niveaux de préoccupation différents, suivants qu'il s'agit de personnes âgées, de handicapés, de personnes en difficultés sociale, de bénéficiaires du RMI....

Au-delà des actions déjà engagées par un certain nombre d'organismes, le dispositif «nouveaux services-nouveaux emplois» pourrait être utilement mobilisé pour faciliter cette évolution.

1) Dans le cadre de l'accord-cadre récemment signé, les organismes consulaires peuvent mettre en place de nouveaux services et recruter des jeunes destinés à apporter une aide aux PME-PMI. Ces jeunes devront pouvoir satisfaire aux caractéristiques par la Charte pour la préparation des petites et moyennes entreprises pour le passage à l'euro (jointe en annexe), signée le 17 février par les principaux partenaires des PME-PMI. Cette Charte précise l'aide qui pourra être apportée aux entreprises, notamment par une information et des documents adaptés ainsi que par des interlocuteurs spécialement formés et agissant en réseau. Le dispositif «nouveaux services-nouveaux emplois» peut être mobilisé dans ce cadre.

On peut envisager un recrutement, suivant l'importance du nombre de PME-PMI ou suivant les spécialités du département, d'au moins 4 à 5 "facilitateurs du passage à l'euro", à temps plein par département.

2) Pour aider les personnes les plus en difficultés, deux types d'intervention peuvent être envisagées dans le cadre des "emplois-jeunes":

  • Vers les personnes disposant d'un revenu déterminé et relativement régulier (personnes âgées, handicapés salariés par exemple), les caisses de sécurité sociale, les collectivités locales et les associations sont les mieux à même de renseigner ces populations sur les problèmes posées par le passage à l'euro. Elles doivent donc être incitées à recruter des jeunes dans le programme NS-NE qui contribueraient localement à la diffusion de l'information et à dédramatiser le passage à l'euro, bien entendu en coordination forte avec les autres services compétents.

  • Vers les personnes engagées dans un processus d'insertion (jeunes en difficulté des quartiers sensibles ou des zones rurales bénéficiaires du RMI...), il n'apparaît pas opportun d'identifier un tel type de personne-ressource. Il apparaît plutôt préférable d'inciter les associations, les CAF, les Missions Locales, qui sont bien en relation avec ces personnes en difficulté à enrichir les tâches confiées aux jeunes déjà embauchés dans le cadre du programme «nouveaux services-nouveaux emplois», par des interventions ponctuelles sur le passage à l'euro.

Bien entendu, dans les deux cas, les jeunes recrutés devront recevoir une formation adaptée.

Je vous demande donc d'inciter l'ensemble des partenaires concernés à étudier les conditions dans lesquelles ils pourraient proposer rapidement des projets d'activités répondant à ces besoins, et à me faire part des difficultés éventuelles rencontrées dans leur mise en place, laquelle témoignera de l'engagement du ministère dans la préparation de la France au passage à la monnaie unique.

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